Comment l’Afrique subsaharienne francophone pourrait-elle être plus compétitive ?

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07/06/2017

Les dirigeants du monde privé d’Afrique subsaharienne francophone sont, en grande partie, moins compétitifs que leurs pairs dans le reste du monde. Il y a certes plusieurs dysfonctionnements liés à des questions politiques ou sociales, mais ces dirigeants ne jouent pas suffisamment leurs rôles. La stagnation du PIB par habitant (voir figure 1), le rapport du Forum Economique mondiale (voir figure 3), les classements de Jeune Afrique des 500 premières entreprises en Afrique (voir figure 4) prouvent clairement ce constat. Quels sont les paradigmes, difficultés qui pourraient expliquer cet échec et les empêcher d’avoir ce “can-do” attitude et un “important et continu track-record” qui est caractéristique des entrepreneurs à succès provenant surtout des US ?

Le marché

Figure 1 : Stagnation du PIB par habitant (en Dollars) des pays d’Afrique Subsaharienne

  • La taille

Le nombre des populations a été longtemps proclamé comme un facteur important pour la compétitivité. Des pays tels que la France, la Chine, les Etats-Unis, l’Inde sont caractérisés par une très large population. Il est vrai que de “petits” pays tels que Singapour, Taiwan et même le Rwanda, en Afrique sont bien classés dans le rapport sur la compétitivité du Forum Economique mondial. Cependant, d’importantes opportunités économiques sont possibles lorsque le marché est grand. Lorsque l’on observe ce critère, la population en Afrique anglophone est trois fois celle de l’Afrique francophone. Ceci constituerait un avantage que les dirigeants du monde privé d’Afrique subsaharienne francophone pourraient mieux valoriser pour attirer les investisseurs (plus présents dans la partie anglophone)« .

Figure 2 : Classement des entreprises d’Afrique Subsaharienne francophone

(Jeune Afrique, ranking 2016)

  • La centralisation

Les structures coloniales ont certainement provoqué une forte centralisation des économies francophones (où tout était décidé depuis la métropole). Plus d’un demi-siècle après leur autonomie, la grande majorité de l’économie gravite toujours autour de la Capitale. Il y a une sorte de myopie de la part des entrepreneurs qui ne voient pas des opportunités dans les zones rurales. Pourtant, les flux des transactions de mobile money provenant des zones rurales, surtout de production agricole, vers le centre sont parmi les plus élevées. Aussi Le manque de stations-service, le faible niveau d’éducation, etc. dans des zones enclavées, est à la fois le signe d’activités économiques et d’opportunités insoupçonnées dans ces régions.

Figure 3 : utilisation du mobile money en zone rurale et en zone urbaine en Tanzanie ( Source : http://bit.ly/2tdoMj1)

  • L’autonomie de la pensée

Pour revenir aux séquelles de la colonisation, la méthode d’assimilation dans les cultures francophones a laissé dans le subconscient de nombreuses populations, anciennes colonies, qu’il faut se référer à la façon de faire de l’ancien colon. Ici, il faut indiquer que sans le concours des nations européennes à l’éducation en Afrique, il est difficile de dire si l’Afrique se serait réellement ouverte à la civilisation mondiale. Cet apport éducatif favorise aujourd’hui des flux d’échanges de toute sorte et permet de créer une véritable richesse humaine dans le monde. A la fois, il est important que les leaders locaux travaillent à produire des services et solutions compatibles à leur environnement en s’inspirant aussi bien de bonnes pratiques que de ce qui pourrait marcher (ou aurait marché) chez eux. Les succès dans le domaine de la téléphonie mobile sont basés sur ces pratiques et ils devront être étendus à l’industrie des banques, de l’assurance, des services, etc.

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Figure 4 : Classement 2017 du Forum Economique Mondial sur la Compétitivité

Après avoir développé ces points, notre expert donne quelques mesures pour que vous, dirigeants puissiez rendre compétitive l’Afrique francophone.

  • Faire davantage de reformes et les mettre en œuvre

La progression dans les classements Doing Business de la Banque mondiale est fortement basée sur l’adoption et la mise en oeuvre de reformes adaptée à l’environnement des affaires.  Le monde des affaires progresse à une forte cadence, marquée par les progrès technologies et les mutations géopolitiques. Il s’avère cependant que les reformes sont lentes ou si elles sont prises, elles ne sont difficilement mises en oeuvre (fichier pdf)…

  • Faire des benchmarks aussi bien sur l’Europe qu’ailleurs dans le monde

Les manuels scolaires utilisés dans nos écoles présentent un biais important. La trame de fond de la façon de percevoir le monde est fortement Eurocentrée. Pourtant, certains experts démontrent que l’histoire du monde a été fortement influencée par l’Asie. Par ailleurs, les Etats-Unis font le monde depuis le 20ème siècle et le fort niveau de développement qui s’est produit dans les pays d’Amérique latine tels que le Chili, le Panama et le Costa Rica pourrait constituer d’intéressants benchmark. Les technologies de l’information permettent d’avoir facilement accès à des informations pertinentes sur ces pratiques. De plus, le fait de parler plusieurs langues permet aussi de trouver des informations auxquelles l’on n’aurait pas eu accès si la recherche était faite uniquement en français.

Le changement de ces paradigmes permettrait aux dirigeants francophones d’accéder à des opportunités et ainsi de rattraper l’écart qui se creuse entre eux et le reste du monde. Le programme EDP, conçu par MDE Business School, a pour contenu les approches à la fois francophones et anglophones, et vous permettra d’être plus compétitifs dans l’expansions de vos horizons.

( Article rédigé par Léonce ANO, Professeur en entreprenariat)